Bribes

Bribes

 

« O Toi Ma Terre

J’aime ma terre. Celle de toutes les origines. Celle que foule le passant sur la rive des mondes invisibles. Celle qui porte toutes essences, toutes métamorphoses, tous les possibles. 

Terre friable, tu es aussi poussière. Tu retournes non pétrie à ta première demeure, toi ma Terre. Et, bien après des cycles écoulés mon Heure survenue je t’y rejoindrai. Je serai passée par le feu qui me rendra mon essence première : poussières d’argile, poussières d’étoiles.

Un jour sous ma main tu t’es posée. Je suis entée en toi, sous mes doigts je t’ai pétrie et j’ai construit les reflets des parcelles de mon âme.

Une sculpture naît.

D’aucun mette en matière et en couleur sur la toile, or, j’ai souhaité le volume, l’architecture de l’espace, celui où toujours une face reste invisible et se cache, mais qui pourtant existe.

Je tourne autour, te regarde, t’observe, te découvre et suis surprise. Ton dos devient-il ta face ? Te dérobes-tu aux regards ? Ne souhaites-tu ne dévoiler qu’un fragment de ton humanité ? Regardes-tu en ton sein un ultime secret qu’aucun ne doit découvrir ; cette lumière qui juste éclaire sans éblouir ?